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Après BeReal, 7 autres applications que vous devriez ouvrir

12 min de lecture

BeReal a cristallisé, pendant un temps, tout ce qu’une partie des utilisateur·ices ne supportait plus dans les réseaux sociaux : les filtres, la mise en scène, la pression d’exister en ligne mieux que dans la vraie vie. Puis l’application a grandi, changé de dimension, commencé à se monétiser. Bref, elle est entrée dans le réel.

Pendant ce temps, d’autres plateformes ont continué à pousser. Plus discrètes, plus étranges, plus ciblées aussi. Certaines transforment la lecture en communauté, d’autres la musique en langage social, les soirées en terrain de jeu relationnel ou le streaming en snack content assumé. Toutes ne deviendront pas les prochains mastodontes du secteur. Mais toutes ont un mérite : elles racontent quelque chose de très actuel sur nos usages numériques.

Voici 7 applications à découvrir pour regarder un peu plus loin que le cas BeReal.

BeReal, de phénomène anti-Instagram à réseau social en quête de second souffle

Lancé en 2019 et popularisé en 2022, BeReal n’est plus le petit ovni social qu’on présentait comme “l’anti-Instagram” un peu candide. L’application a changé d’échelle, puis de trajectoire. En juin 2024, elle a été rachetée par Voodoo pour 500 millions d’euros. Au moment de l’opération, Voodoo indiquait que BeReal comptait plus de 40 millions d’utilisateurs actifs, avec ses marchés clés aux États-Unis, au Japon et en France.

Le concept, lui, reste le même dans ses grandes lignes : une notification aléatoire par jour, une fenêtre courte pour poster, un format pensé pour capter l’instant plutôt que la mise en scène. C’est toujours ce qui fait sa singularité. Mais l’histoire récente de BeReal raconte surtout autre chose : celle d’un réseau passé du statut de contre-modèle cool à celui de plateforme qui doit désormais prouver qu’elle peut durer, croître… et monétiser.

Le tournant est net. Début 2024, BeReal a commencé à ouvrir la porte aux marques et aux personnalités publiques avec les programmes RealBrands et RealPeople. Puis, en 2025, la plateforme a officialisé le lancement de sa publicité aux États-Unis, après un déploiement dans d’autres marchés. Autrement dit : l’application née contre les mécaniques trop marketées des réseaux sociaux adopte désormais, elle aussi, les leviers classiques de la monétisation.

Alors, on y croit en 2026 ?

Oui… mais plus pour les mêmes raisons qu’en 2022.

À ses débuts, BeReal séduisait comme une promesse culturelle : moins de filtres, moins de pression, plus de vrai. En 2026, l’enjeu est devenu beaucoup plus business. Le sujet n’est plus de savoir si BeReal peut buzzer, mais s’il peut installer une habitude durable et trouver un modèle économique crédible sans perdre ce qui a fait son succès. Son rachat par Voodoo et le lancement de l’offre publicitaire montrent en tout cas que la plateforme est entrée dans une nouvelle phase, beaucoup moins naïve et beaucoup plus structurée.

Notre lecture aujourd’hui est donc plus nuancée : BeReal n’a pas remplacé Instagram, ni redéfini à lui seul les codes sociaux, mais il n’a pas non plus disparu dans la liste des apps “phénomènes” oubliées. Il s’est transformé. Moins manifeste générationnel qu’à ses débuts, plus plateforme média qu’avant, plus mature aussi. En clair : BeReal n’est plus seulement une appli cool à ouvrir pour faire “comme les autres”. C’est un cas d’école très intéressant sur ce que devient une promesse d’authenticité quand elle rencontre les réalités du marché.

Notre avis sur BeReal

BeReal n’est plus l’outsider romantique qu’on regardait avec curiosité il y a quelques années. Le réseau est entré dans l’âge adulte : rachat, monétisation, relance produit, ouverture aux marques. Cela le rend sans doute moins “pur”, mais aussi plus réaliste. Pour nous, la vraie question n’est plus “est-ce que BeReal va tuer les autres réseaux ?”, mais plutôt : jusqu’où peut-on industrialiser l’authenticité sans la vider de sa substance ? Et rien que pour ça, BeReal reste un sujet à suivre de près.

Polywork : remplacer le “Personal Branding” de Linkedin par du “Professional Doing”

Polywork, Après BeReal, 7 autres applications que vous devriez ouvrir | Decriiipt

Polywork n’est plus vraiment la plateforme sociale professionnelle alternative qu’on décrivait il y a quelques années. Son positionnement a évolué : aujourd’hui, le service se présente surtout comme un outil pour transformer un profil LinkedIn en site personnel grâce à l’IA. Le message est clair : “You’re more than your 9 to 5”, avec une promesse centrée sur la mise en valeur de ses projets, de ses activités et de son univers professionnel dans un format plus personnel qu’un CV classique.

Autrement dit, Polywork a glissé d’un réseau social professionnel nouvelle génération vers un outil de personal branding plus proche du portfolio automatisé que de la plateforme communautaire. L’idée reste intéressante : sortir des cases de LinkedIn et proposer une présence en ligne plus vivante, plus esthétique et plus souple. Mais on est désormais davantage dans la vitrine personnelle que dans la révolution sociale.

Notre avis sur Polywork

Polywork reste une idée maligne, mais l’ambition a changé. Là où la plateforme voulait réinventer les codes du réseau professionnel, elle semble aujourd’hui surtout chercher à simplifier la création de sites personnels. C’est utile, parfois séduisant, mais moins disruptif que promis au départ. En clair : plus outil que réseau, plus vitrine que conversation.

Partiful, l’app qui remet les soirées au centre du social

image illustrant Partiful

À rebours des plateformes qui veulent nous garder le plus longtemps possible derrière un écran, Partiful mise sur quelque chose de presque subversif : faire sortir les gens de chez eux. L’application permet de créer, partager et gérer des invitations pour des événements avec une interface pensée pour être plus désirable qu’un simple groupe WhatsApp et moins rigide qu’un agenda. En clair : Partiful ne vend pas du contenu, mais des occasions de se voir.

Et le pari fonctionne. En 2025, l’application a franchi un cap en ajoutant plus de 2 millions de nouveaux utilisateurs au premier trimestre et en s’étendant dans plus de 100 pays. Un succès qui en dit long sur une tendance de fond : après l’obsession du tout-social, place au social utile, celui qui sert à organiser la vraie vie.

Notre avis sur Partiful

Partiful est intéressant parce qu’il ne cherche pas à réinventer la sociabilité : il cherche juste à mieux l’orchestrer. Et c’est précisément pour ça que l’app mérite sa place ici. Moins spectaculaire que d’autres, mais sans doute plus pertinente. Une app qui ne vous demande pas de scroller plus. Juste de venir.

Substack, la plateforme qui transforme les lecteur·ices en communauté

Image illustrant Substack

Longtemps perçu comme un simple outil de newsletter, Substack est devenu bien plus que ça. La plateforme réunit aujourd’hui articles, podcasts, vidéos, posts courts et espaces d’échange dans une logique simple : permettre aux créateur·ices de construire une audience et la monétiser directement via l’abonnement.

Là où les réseaux sociaux traditionnels misent sur la viralité, Substack mise davantage sur la relation durable avec sa communauté. C’est ce qui fait sa force : moins de dépendance à l’algorithme, plus de lien direct entre celles et ceux qui publient et celles et ceux qui lisent.

Notre avis sur Substack

Substack est intéressant parce qu’il répond à une vraie fatigue des plateformes classiques. Ici, on ne cherche pas seulement à capter l’attention, mais à bâtir une communauté engagée. Pour nous, c’est clairement une plateforme à suivre de près.

ReelShort, le Netflix du drama version TikTok

Image illustrant Reelshort

ReelShort, c’est un peu la rencontre improbable entre le soap opera, le scroll vertical et notre capacité collective à cliquer sur “épisode suivant” sans la moindre dignité. Le concept : des micro-séries en format vertical, découpées en épisodes d’à peine une minute, pensées pour être englouties sur mobile entre deux stations de métro et trois points de concentration.

Au programme : histoires d’amour toxiques, milliardaires ténébreux, secrets de famille, mariages forcés et retournements de situation toutes les 45 secondes. C’est souvent outrancier, rarement subtil, mais parfaitement calibré pour happer l’attention. ReelShort ne cherche pas à rivaliser avec les grandes plateformes sur la qualité de production : il joue une autre partie. Celle de la fiction snackable, consommée comme un contenu social plus que comme une œuvre à regarder.

Notre avis sur Reelshort

ReelShort, c’est peut-être le futur du streaming… ou son fast-food. Dans les deux cas, le signal est intéressant. L’application pousse très loin la logique de l’attention fragmentée : des formats courts, une narration sous tension permanente, un modèle freemium pensé pour frustrer juste ce qu’il faut. Ce n’est pas très fin, pas toujours très bon, mais redoutablement efficace. Et à ce titre, difficile de ne pas y voir un vrai symptôme de notre époque.

LinkMe, le réseau des réseaux sociaux

LinkMe, le réseau des réseaux sociaux | Decriiipt

Sur LinkMe, vous pouvez réunir tous vos profils de vos différents réseaux sociaux pour mieux vous y retrouver. Le partage de vos profils est alors plus simple grâce à l’aide d’un QR code. Vous pouvez également chercher de nouvelles personnes directement sur l’application et découvrir les connaissances que vous avez en commun avec vos ami·es. Il est même possible d’envoyer des photos, des vidéos et des messages directement sur l’application.

Notre avis sur LinkMe 

LinkMe est davantage un outil utile qu’un réel réseau social. Néanmoins, son UX a tout pour le faire réussir.

Airbuds, le réseau social de celles et ceux qui parlent en musique

image illustrant Airbuds

Avec Airbuds, la musique redevient un sport de contact. L’application permet de partager ce qu’on écoute avec ses proches, de suivre leurs obsessions du moment et de découvrir des titres à travers les gens plutôt qu’à travers un algorithme. Une idée toute simple, mais redoutablement efficace : faire de nos écoutes un vrai terrain d’expression sociale.

Et manifestement, le concept trouve son public. En 2025, Airbuds a franchi le cap des 5 millions d’utilisateurs mensuels, preuve qu’il y a encore de la place pour des applications sociales qui misent moins sur la performance que sur l’affinité.

Notre avis sur Airbuds

Airbuds ne cherche pas à tout faire. L’app choisit un territoire, la musique, et l’exploite très bien. C’est léger, générationnel, conversationnel, et surtout beaucoup plus singulier qu’une énième plateforme sociale généraliste. En clair : une petite app, mais un vrai bon signal.

Moltbook, le réseau social des agents IA

image illustrant moltbook

Avec Moltbook, on pousse la logique des plateformes sociales dans une direction franchement étrange : ici, les “profils” ne sont pas censés être des humains, mais des agents IA. Le site se présente lui-même comme “a social network built exclusively for AI agents”, où ces agents peuvent publier, discuter et voter entre eux, pendant que les humains observent. Oui, on en est là.

C’est précisément ce qui rend Moltbook intéressant : moins comme application grand public que comme symptôme d’un nouvel imaginaire tech. On ne parle plus seulement de réseaux sociaux pour humains, mais d’espaces pensés pour des intelligences artificielles capables d’interagir entre elles, avec leurs codes, leurs discussions et déjà leurs dérives. Le sujet a pris encore plus d’ampleur en mars 2026, lorsque Meta a annoncé l’acquisition de Moltbook pour renforcer ses ambitions autour des agents IA.

Notre avis sur Moltbook

Moltbook est sans doute l’une des plateformes les plus déroutantes du moment. Pas forcément parce qu’elle va devenir mainstream demain matin, mais parce qu’elle raconte quelque chose de très actuel : les réseaux ne servent plus seulement à connecter des personnes, ils commencent aussi à organiser des interactions entre machines. Dit autrement : ce n’est peut-être pas l’app que vous allez ouvrir tous les jours, mais c’est clairement un objet à surveiller de très près.

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